Mars 2018 - Placer l'étude de la Bible au coeur de la vie de l'eglise locale

Avant de voir comment replacer l’étude de la Bible au cœur de la vie d’église, posons-nous la question du pourquoi est il si important de se réunir entre chrétiens pour étudier la Bible ensemble ? L’étude personnelle ne suffit-elle pas ? La Bible n’aborde pas directement la question qui nous intéresse. En fait, le rapport entre lecture personnelle et lecture communautaire de la Bible est une problématique moderne. Nous oublions bien souvent que pouvoir lire la Bible à la maison est un privilège récent dans l’histoire. Avant la démocratisation de l’imprimerie, posséder sa propre copie de l’Écriture Sainte était un luxe réservé aux très riches. De plus, si aujourd’hui la plupart des français savent lire, l’illettrisme a plus souvent été la norme et elle est encore très fréquente dans certains pays moins privilégiés. Par conséquent, on comprendra facilement qu’aux temps bibliques, la lecture de l’Écriture était avant tout une pratique communautaire. Au-delà des raisons pratiques qui restreignaient de fait la lecture biblique au contexte du temple ou de la synagogue, plusieurs données suggèrent l’importance d’une lecture communautaire :

Seule une lecture communautaire peut produire une réponse communautaire : la place de la lecture publique dans le cadre de l’alliance

Deutéronome 31.10-13 prévoit une lecture publique de l’ensemble de la Loi « devant tout Israël » tous les sept ans, à l’occasion de la fête des cabanes. Cette lecture solennelle devait avoir pour effet d’encourager les israélites à « mettre en pratique toutes les paroles de cette loi », génération après génération et ainsi garantir le maintien de l’alliance (cf. Dt 31.24-27). Quatre épisodes de l’AT nous présentent une lecture publique de la Loi « devant tout le peuple » :

- Lorsque Dieu veut conclure une alliance avec Israël au Sinaï et que Moïse lit au peuple le « livre de l’alliance » (Ex 24.7).

- Juste après l’entrée en Canaan, sur le Mont Ebal, lorsque Josué lit le livre de la Loi afin de rappeler au peuple ses obligations liées à l’alliance du Sinaï (Jos 8.34-35).

- Lorsque le roi Josias « redécouvre » le livre de la loi et en fait lecture au Temple devant « tout le peuple » (2 R 23.1-3).

- Après le retour d’exil, lorsque la muraille a été reconstruite et que « tout le peuple » se rassemble pour écouter la lecture du livre de la loi, sous la conduite d’Esdras et des prêtres (Né 8-9).

Dans 3 de ces cas, la lecture publique de l’Écriture est suivie d’une réponse collective de la part de ses auditeurs : au Sinaï, le peuple s’engage à « faire tout ce que le Seigneur a dit » et accepte donc l’alliance qui lui est proposée (Ex 24.7) ; le roi Josias conclut une alliance avec le Seigneur, et « tout le peuple y adhère » (2 R 23.3) ; en Néhémie 8 et 9, les lectures publiques de la Loi produisent une véritable repentance collective (cf. 2 Ch 7.14).

Dans le cadre de l’alliance avec Israël, la Loi sert de « témoin » (Dt 31.26) puisqu’elle rappelle les stipulations de l’alliance. Or, l’alliance conclue au Sinaï est une alliance conclue avec un peuple : elle a donc une dimension collective forte. C’est ensemble que les israélites doivent s’engager à obéir à ses principes, ou se repentir d’y avoir désobéi. On comprend alors la nécessité d’une lecture publique des termes de l’alliance : seule une lecture communautaire peut produire une réponse communautaire.

La nouvelle alliance dont nous sommes bénéficiaires a certes une dimension plus personnelle, puisque la loi est désormais « écrite dans le cœur » de chaque individu (Jr 31.33-34). Cependant, la dimension collective n’est pas absente de l’alliance scellée par le sang du Christ: celle-ci fait de nous les membres d’un seul corps. Il n’est pas anodin que la Cène par laquelle nous rappelons la nouvelle alliance soit une réponse communautaire à la parole de Dieu (cf. 1 Co 11.17-34). Cela suggère que notre Seigneur ne désire pas seulement une adhésion personnelle à sa Parole, mais qu’il prend plaisir à voir son peuple s’unir pour accueillir ensemble sa parole. Seule la lecture communautaire de l’Écriture peut produire une réponse communautaire.

 

T.M.

[1] Ce texte de Timothée MINARD (avec son autorisation) reprend son article « (R)animer l’étude de la Bible dans l’Église : Placer l’étude de la Bible au cœur de la vie de l’Église locale », Les Cahiers de l’École Pastorale, N°92, 2014, p. 21‑34.

 

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