Février 2018 - Parole du mois

Pour les protestants de tous bords, y compris les baptistes, 2017 a été l’année Luther. Cette commémoration nous a permis de remettre en lumière la redécouverte par les Réformateurs d’aspects fondamentaux de la foi chrétienne (les cinq « Solae ») : Jésus comme seul sauveur et intermédiaire entre Dieu et les hommes, la grâce de Dieu comme seule « source de salut pour tous les hommes » (Tite 2.11), la foi comme seul moyen d’être au bénéfice de cette grâce, et à Dieu seul la gloire pour son salut (Ro 5.1-2 ; Ep 2.8-9). Et enfin la « Sola Scriptura », la Bible comme seule norme de foi et de vie, « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu » (2Tim 3.16).

À propos de la Bible, le missiologue Hannes Wiher déclare qu’elle « est un livre qui a pour origine un Dieu missionnaire, et qui est écrit par des missionnaires dans une intention missionnaire »[1].

Au fait, qu’est-ce qu’un missionnaire ? C’est quelqu’un qui est « envoyé » afin d’effectuer une tâche, quelqu’un de « mandaté » par celui qui l’envoie afin d’accomplir la mission qui lui a été confiée. Esaïe, Jonas, Zacharie… Matthieu, Marc Luc, Jean, Paul, etc. : tous ces auteurs bibliques, prophètes, apôtres[2] ou équipiers d’apôtres furent envoyés par Dieu pour accomplir une mission. Sous l’Ancienne Alliance cette mission consistait à ramener Israël dans les voies du Seigneur ou sauver des Assyriens du jugement divin, sous la Nouvelle Alliance la mission est de faire connaître l’évangile, et enseigner ceux qui ont cru à vivre en enfants de Dieu et en témoins de Jésus-Christ. Quant au but missionnaire de la Bible, il est résumé dans cette phrase : « ces choses ont été écrites afin que croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20.31).

Jésus, lui-même envoyé par le Père accomplir une mission, « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19.10 ; Jean 3.16), envoie à son tour ses disciples : « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jean 20.21). Et ses disciples, une fois revêtus de l’Esprit, deviennent des témoins de Jésus (Ac 1.8). Les disciples de Jésus, ceux qui ont cru, qui sont nés de l’Esprit de Dieu et veulent faire sa volonté (son Église), sont donc tous des envoyés, des « missionnaires ».

Quelle est donc la mission à laquelle l’Église est appelée ? Elle revêt deux aspects, s’étend dans deux directions :

-          En vivant selon les principes divins, ceux du royaume de Dieu, les disciples forment une communauté « alternative » qui préfigure la nouvelle création. Cela concerne la communion des croyants, leurs relations entre eux (dimension interne, « à ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres », Jean 13.35), mais aussi leur présence dans le monde (dimension externe), qui se traduit entre autres par l’action sociale, ou bien le comportement des disciples qui, par rapport à celui des non-croyants, va parfois se démarquer et de ce fait interpeller.

-          Cette mission consiste aussi bien sûr à annoncer l’évangile, appeler à la conversion, faire des disciples, implanter de nouvelles églises locales.

Précisons que cela n’est rendu possible que par l’action du Saint-Esprit (Ac 1.8), ce qui nous rappelle que c’est Dieu lui-même le grand missionnaire, qui travaille avec des collaborateurs humains : « le Seigneur rajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés… L’Église s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit… Le Seigneur lui ouvrit le cœur (de Lydie) pour qu’elle soit attentive à ce que disait Paul », Ac 2.47, 9.31, 16.14. Au moment où Jésus confie à ses disciples le mandat missionnaire, « allez, faites des disciples dans toutes les nations », il leur dit «  je suis avec vous tous les jours » (Mt 28.19-20).

Si donc le Seigneur est avec nous, qui peut s’opposer à lui ? Qu’est-ce qui peut empêcher l’accomplissement de la mission qui nous est confiée en tant qu’église locale, si ce n’est notre propre paresse, tiédeur, ou incrédulité ? Si nous projetons sur notre petite église « La Chapelle » un regard spirituel, nous pourrons nous réjouir en constatant à quel point Dieu nous a bénis par la diversité des dons qui s’expriment à travers tous ceux d’entre nous qui sommes déjà engagés dans un service, quel qu’il soit. Ne sous-estimons pas ce que Dieu peut et veut faire au milieu de nous et avec nous dans ce monde (Ep 3. 20-21), en nous souvenant que notre capacité vient de Dieu (2 Co 3. 5).

Fortifions-nous dans la grâce de Dieu (2Tim 2. 1), et ayons du zèle (Ro 12. 11) pour nous consacrer résolument à l’accomplissement de la mission divine, de façon collective par notre engagement dans l’église locale pour y exercer les dons que le Seigneur nous a faits (Ro 12. 6-8) ; de façon individuelle par notre témoignage auprès de nos familles, nos voisins, collègues, etc., ou en nous engageant dans une œuvre sociale ou humanitaire (ou en la soutenant). Faisons-le avec tact et sagesse (Ep 4. 29 ; Col 4. 5), avec amour et respect (1Pi 1. 22 ; 1Pi 3. 15), et cela sans crainte, avec l’audace de la foi (He 13. 6 ; 2 Tim 1. 7). Nous serons ainsi assurés de voir les fruits qui seront produits, et cela sera un sujet de grande réjouissance et de louange.

P.B.

 

 

           



[1] Hannes Wiher, Bible et mission, Excelsis, 2012, chapitre « Église et mission », p. 180

[2] Rappelons que le mot « apôtre », transcription du mot grec « apostolos », veut tout simplement dire « envoyé », c’est-à-dire « missionnaire ».

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